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Le mari dans sa robe blanche

Nous nous sommes mariés à l’hôpital. Elle a porté la bague de notre union infinie avant que je la quitte, douze heures après. 

Ce texte est inspiré de l’histoire trop touchante de Rowden et Leizel.

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Je pouvais voir les larmes couler sur ses joues douces et rosâtres. Je pouvais voir sa beauté charnelle dans cette robe blanche merveilleuse. Je pouvais admirer sa chevelure noire, lisse, bien coiffée, avec une mèche retenue par une rose d’un blanc vif. Je pouvais voir mes amis et mes copines autour d’elle, leurs larmes coincées dans les yeux. Leur joie était mêlée à une langueur profonde.

Je pouvais me voir allongé sur le lit, passif. Je pouvais voir en moi un cadavre blanchi, sans âme. Je pouvais voir mes paupières noircies par l’affreux fantôme qui choisit sa victime brusquement pour la hanter. Je pouvais voir ma peau affaiblie par les traitements et les thérapies chimiques, employés pour effrayer ce fantôme et le pousser à quitter mon corps vulnérable. Je pouvais voir mon corps maigri par le poison diffusé par cette créature épouvantable qui m’a dominé. Je pouvais me voir mort, mais entouré de tous ceux que j’aime, et spécialement d’elle.

Je les ai quittés douze heures après. Je l’ai quittée douze heures après. Mais je sais, au fond de moi, qu’elle sera toujours à moi, et que je serai toujours avec elle, dans son annulaire droit. Oui, nous nous sommes mariés à l’hôpital, sur le lit, dans ma chambre, avant que le fantôme emmène mon âme, avec lui, vers l’au-delà.

Ma vue était un peu troublée. Mais je pouvais la voir venir de loin, radieuse dans sa robe blanche féérique. Elle était la princesse dont je rêvais, mais que je ne pourrai jamais emmener sur mon cheval blanc. Elle avait ce beau sourire que je connaissais toujours et qui ne quittait jamais son visage. Elle me regardait, allongé sur mon lit, vêtu de ma robe blanche aussi, la perfusion reliée à mon bras. Elle essayait d’ignorer ma situation. Elle attendait ce jour avec impatience. Ce jour où notre amour serait béni, où l’amour allait nous lier pour toujours et à l’infini. Elle avançait comme dans les films hollywoodiens : entourée de mes amis, d’une part, et de ses copines, de l’autre. Je ne pourrai jamais oublier son visage, ni sa beauté charnelle. Elle s’approchait de moi, et m’embrassait comme si c’était la dernière fois. Et, vraiment, c’était la dernière fois : le baiser de l’adieu. Je tenais la bague entre mes mains crispées par cette maladie cruelle dont j’étais la victime. Elle tendit sa main douce, et la bague luisante lui allait à merveilles. Je sais qu’elle pensera toujours à moi, et qu’elle m’emmènera toujours avec elle, à travers notre bague d’amour. J’ignorais comment toutes les préparations du mariage avaient été arrangées, en si peu de temps. Peut-être, elle se rendait compte que mon âme allait s’envoler et quitter mon corps. Mais notre amour ne finirait jamais.

Je pouvais voir les larmes chaudes sur les mines de tout le monde, dans mon entourage : étaient-elles des larmes de joie ou de pitié ? J’avais une joie secrète au fond de mon cœur malgré la douleur interne qui rongeait mes membres. Je devais supporter la souffrance pour la rendre heureuse ce jour-là. Mes yeux étaient fixés sur elle. Je voulais satisfaire ma vision avec ces détails parfaits pour graver dans ma mémoire une photo d’elle, que j’emmènerai avec moi là-haut. Oui, nous nous sommes finalement mariés. Notre amour allait au-delà de la magie, des traditions, d’un mariage ordinaire. Elle était devenue toute entière à moi, et mon cœur lui appartiendrait toujours.

Les heures suivantes ont été les plus belles de ma vie. Elle était près de moi, à mes côtés. Ma vision devenait de plus en plus troublée. Ma souffrance demeurait gênante me donnant des maux, dans tous les organes de mon corps. J’essayais d’oublier cela, mais la douleur qui me piquait partout était plus forte que moi. J’avais peur, mais j’étais heureux. Brusquement, je sentis mon âme se lever au ciel. Je pouvais les voir tous auprès de moi. Le fantôme affreux m’avait vaincu. Il m’emmènerait avec lui pour toujours. Oui, nous nous sommes maries finalement. Elle avait porté ce beau lien de notre amour sur son annulaire droit. Je pouvais désormais quitter ce monde avec une idée heureuse, dont je me rappellerai toujours.

Je serai toujours avec elle, et je serai son ange gardien. Notre grand amour a dépassé et dépassera tout. Notre amour demeurera pour toujours.

Publié le: 19 janvier 2016 | Commentaires: 0

Le passager anonyme

Le taxi s’arrêta. Je descendis, puis je claquai la porte fortement derrière moi. J’entendis le son du moteur percer mes oreilles, et le véhicule s’éloigna. Mon IPhone à la main droite, j’avançai.

Je regardai à gauche puis à droite. Personne. Je traversai la rue tranquillement. Les rayons du soleil ardent parcouraient ma peau. Je sentis quelques gouttes de sueur couler sur mon front. Une chaleur au fond de moi me poussait à avancer de plus en plus vers l’ombre de l’immeuble.

Mon cœur commençait à battre comme chaque jour. Je le sentis sur le point de quitter ma cage thoracique. Les battements s’accéléraient avec chaque pas. Je pouvais entendre le sang parcourir mes veines.

Bub.

Je devenais de plus en plus proche. Mes pieds ne pouvaient plus me supporter. J’avançais plus lentement. Je n’avais pas peur. Peut-être. J’étais inquiet. Mais pourquoi ?

BuBub.

Ma main frissonnait sur mon portable. Je ne savais ce que je ressentais. Le vertige me dominait. J’ignorais la cause. Est-ce à cause d’elle ou à cause du soleil ?

BuBub.

Je savais exactement où elle s’installait. Je ne pourrais pas savoir si elle allait me voir ou pas. Je ne pourrais pas voir si elle était assise sur son bureau. J’avançais dans la direction inverse. Il fallait que je tourne le dos pour que je l’aperçoive.

Dans la matinée, quand je quittais la maison. Je me précipitais vers le coin de la rue pour attendre le taxi. Je passais devant son bureau. Quelquefois, j’essayais de jeter un regard rapide vers l’intérieur puis je détournais les yeux pour fixer le sol. Parfois, j’allumais l’écran du portable en faisant semblant de parler à quelqu’un. Aucune fois je n’ai été capable de ne pas faufiler mon regard vers l’intérieur.

Bub.

Je pouvais voir de loin sa main accoudée sur la table près de la vitrine. Avait-elle le regard plongé dans l’écran de l’ordinateur ? Avait-elle quelques clients qui occupaient son temps ? Etait-elle en train de discuter avec son partenaire ? Etait-elle au téléphone négociant avec l’une des sociétés ?

Je sentis ma tête tourner. Mon cœur ne pouvait plus supporter autant d’anxiété, de trac. J’avais l’impression que j’allais passer un examen. Un examen d’un autre genre. Un examen dont je ne connaitrais pas le résultat. Je ne saurais jamais si c’est positif ou pas. Je serais juste heureux de passer près d’elle. Une tranquillité d’âme. Un bien-être sans doute.

BuBub.

Mes pas ralentissaient en passant devant le bureau. Je me sentis comme un aveugle qui ne pouvait pas percevoir autour de lui. M’avait-elle vu ? Avait-elle remarqué ma présence ? Avait-elle mémorisé ma forme, mon apparence ?

Quelquefois, en passant le matin, elle me regardait droit dans les yeux. En la voyant scruter son écran, il m’est arrivé de ralentir le pas faisant sembler de regarder à l’intérieur. Elle m’apercevait. Son partenaire près d’elle me remarquait. Mais, je pressais les pas dès qu’il me regardait. Il y avait quelque chose de secret entre nous. Il y avait quelque chose de magique qui me rendait heureux et dont je ne comprenais pas la cause.

Mes pieds tremblaient. Je dépassai le bureau, un sourire aux lèvres. J’essayai de voir du coin des yeux si elle m’avait aperçu. Se demandait-elle qui était ce passager mystérieux qui l’observait le matin et l’après-midi ? Aurait-elle la curiosité de me connaître ?

Un bonheur secret envahit mon cœur dont j’ignorais la cause. Je me dirigeai vers le garage de l’immeuble et ouvrit la grande porte. Ma mission était achevée aujourd’hui.

A la matinée suivante, avec un grand espoir qu’un jour, je la regarderais droit dans les yeux pendant quelques moments, et j’aurais le courage de lui parler.

 

 

Publié le: 27 septembre 2015 | Commentaires: 1

Et le vide s’installe

Je pouvais à peine voir devant moi en poussant les deux grosses valises, posées l’une sur l’autre, vers la grande porte à deux battants qui s’ouvrit automatiquement pour me laisser passer. L’air glacé de la climatisation m’accueillit comme une gifle. Je m’arrêtai un moment et balayai les lieux du regard. Çà et là, j’aperçus des familles regroupées, enlacées, incapables de se lâcher. En face de moi, une mère, la soixantaine passée, serrait très fort son fils, les larmes aux yeux. Je lus tant de désespoir dans son regard qui accrocha un moment le mien.

Une voix aiguë annonçant le départ du vol MEA 142 me fit sursauter. Je me tournai pour faire face à l’écran où étaient affichées les informations concernant les départs des vols les plus proches. Ma tante regarda son billet puis fixa l’écran à la recherche du numéro du sien. « Il me reste trois heures à passer en votre compagnie », nous lança-t-elle dans un soupir.

Elle regarda encore une fois sa montre puis le ciel, dehors, qui prenait peu à peu une teinte ténébreuse pareille à la vague de tristesse qui enveloppait son cœur. Chaque année, elle éprouvait ce même sentiment. Chaque année, elle ressentait cette même douleur qui touchait le fond de son cœur. Quelque chose dans ses veines la poussait à rester. Chaque année, elle avait un attachement de plus en plus fort qui l’attirait vers sa terre natale, tel un aimant.

Credit : http://aerialamy.com/blog/2012/06/22/saying-goodbye/

Credit : http://aerialamy.com/blog/2012/06/22/saying-goodbye/

Je tournai mon regard vers ma maman qui avait quelques larmes au coin des yeux. Elle attendait l’été avec impatience pour revoir sa sœur, pour passer des moments ensemble comme elles le faisaient lorsqu’elles étaient adolescentes. Bien que ma tante soit de quatre ans son aînée, on dirait qu’elles étaient jumelles. Elles avaient les mêmes gestes, la même teinte, les mêmes yeux. Elles se regardaient comme si c’était pour la dernière fois…

Je voudrais vraiment rester. Je ne veux pas quitter ma sœur, ma famille, mon pays. Oui, mon pays. Je voudrais me réveiller au cœur de ma ville natale, dans les rues dont je connaissais tous les détails dans mon adolescence. Je voudrais savourer les plats, humer la senteur agréable des légumes, des fruits et des saveurs de mon pays. J’ai fourré tant de délices dans mes valises, mais je ne pourrai tout emmener avec moi. Je ne pourrai jamais emmener ce sentiment de joie secrète et intérieure que je ressens auprès de ma famille. Mon mari me manque, mes deux jeunes hommes aussi. Ils m’attendent. Chacun d’eux a fait sa propre vie au Canada, chacun d’eux a choisi son chemin, loin de ses racines, loin de son pays…

 

Mon regard se fixait sur toutes les deux. Le temps semblait filer à une vitesse vertigineuse. Le moment de l’adieu allait arriver. Chaque année, le temps des vacances, ma tante devenait une partie de ma vie quotidienne pendant une très courte durée. Elle devenait comme une seconde maman, une copine intime, une grande sœur. Je profitais de sa présence pour visiter les plus beaux monuments libanais, pour savourer de nouveau les plats traditionnels. Elle fermait les yeux parfois comme pour emprisonner dans ses poumons l’air frais du Liban. Ma mère avait quelque chose qui lui serrait la gorge. Elle n’avait plus rien à prononcer en ce moment. Elle se contentait juste de regarder ma tante, de fixer ses traits défaits comme pour sonder son âme.

 

Credit : http://brittanycantrell.theworldrace.org/?filename=mind-blown

Credit : http://brittanycantrell.theworldrace.org/?filename=mind-blown

Ma sœur va certainement me manquer. Les beaux jours passés ensemble nous échappent rapidement. Je me souviens qu’elle était arrivée hier chez moi. Hier, je l’ai accueillie dans mes bras dans son pays. Hier, nous étions en train de revivre des moments merveilleux comme à l’adolescence. Comme il serait parfait d’avoir une sœur qui reste toujours à mes côtés, qui vive avec moi, qui reste ma confidente ! Elle va me quitter dans quelques minutes. Je déteste l’adieu. Pourquoi ne reviendrait-elle pas vivre ici, dans son pays, au sein de sa famille, dans les ruelles de son enfance ? Pourquoi ne resterait-elle pas ici, avec nous, pour se prélasser au milieu des merveilles de son pays, de sa nature radieuse, de ses montagnes chaleureuses ?

 

Brusquement, la foule devint plus nombreuse, plus pressante. Un couple s’enlaça tendrement, une jeune fille noua ses bras autour de son papa, un jeune homme baisa la main de sa maman, deux copains tapèrent dans le dos l’un de l’autre. C’était le moment de l’adieu.

 

Deux sœurs tombèrent dans les bras l’une de l’autre. De chaudes larmes coulèrent sur leurs joues. La foule avança. Les valises s’éloignèrent. Des avions décollèrent. Le pays se vida.

Credit : http://www.odt.co.nz/your-town/queenstown/139555/fence-screen-blasts-jets

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Publié le: 1 septembre 2015 | Commentaires: 4

Miracle à Rome

Les rayons du soleil ardent de Rome se sont faufilés dans ma chambre pour me réveiller: il fallait profiter de chaque instant, faire la course aux aiguilles de ma montre, aller visiter cette ville mystérieuse qui a survécu à tant de périodes de l’Histoire.

J’ai quitté l’hôtel vers neuf heures.

Je me suis installé au pied d’un arbre centenaire pour admirer l’immensité du Colisée, ce stade géant duquel je ne pouvais pas lever les yeux et dans lequel mon regard se perdait entre les pierres taillées à la perfection; avide de détails subtils. J’ai imaginé sans peine tant de tours, de compétitions…

Tu étais à mes côtés, vêtue de ta longue robe turquoise. Tes cheveux voltigeaient autour de ton doux visage, balancés par l’air frais de Rome. Que devais-je admirer en ce moment de bonheur : ta beauté rare ou la magie des monuments ?

Nous nous sommes levés, et nous nous sommes dirigés, main dans la main, vers les gigantesques cathédrales qui se dressaient dans les rues de Rome. Nous errions dans ce décor irréel, heureux d’être si proches l’un de l’autre, enivrés d’être si loin de chez nous, séduits tous les deux par la beauté des monuments qui nous entouraient. Des échos de guerres lointaines, à jamais révolues, nous parvenaient presque.

Une brise a soufflé sur nos joues et nous a emmenés, emportés presque, à travers ces ruelles étroites. Parvenu devant cette fontaine, l’une des plus célèbres au monde, j’ai souhaité en ce moment voir l’eau cristalline caresser ta peau, alors j’ai fermé les yeux. Sans lever les paupières, j’ai rempli la paume de ma main et je l’ai tendue vers toi pour faire couler sur ta langue cet élixir que j’ai chargé de tout mon amour pour toi.

Des centaines d’années de beauté, de grandeur et de gloire ont défilé sous nos yeux. J’étais en adoration, devant ta beauté et celle de cette ville qui nous livrait généreusement ses secrets les plus intimes.

Huit heures du soir.

Le soleil baissait peu à peu comme une flamme qui s’éteint. De faibles lumières éclairaient les longues rues devant nous. Nos regards ont capturé, pour l’éternité, l’image de ce tableau nocturne merveilleux.

Je suis rentré, seul. Riche de toi, de ton essence, riche de cette ville qui t’a sculptée, à mes côtés, l’espace d’une journée.

Rome, je te promets. Je ne reviendrai pas sans elle.

Publié le: 24 août 2015 | Commentaires: 2

Quand j’ai eu ma bourse de mérite

Il était dix heures du soir.
J’ouvris le tiroir près du lit. Sans regarder, j’essayais de retrouver mon journal. Je le sortis avec mon crayon. Je feuilletais les pages lentement comme pour revoir mon année devant moi. Un fil de souvenirs passait devant mes yeux. De belles journées, d’autres émotionnelles. Et si mon journal pourrait parler ? Je vis des visages heureux, des mots tachetés de larmes. Mais l’histoire d’aujourd’hui est précieuse, émouvante.
Finalement une page blanche.images

Cher Journal,
Cette nuit, mon bonheur est inexplicable. J’ai été classé premier dans mon pays parmi les campus de toutes les régions. Tu sais ? Quand j’ai reçu la nouvelle, je ne pouvais pas admettre la réalité. J’ai été cloué au sol.
C’était une feuille que j’attendais chaque jour parvenir du campus principal situé à la capitale. On me disait que la feuille sera accrochée sur le panneau. Chaque matin, dès mon arrivée, je me précipitai vers la grande salle. Je jetai un coup d’œil sur le panneau. Désespéré, rien. Ce même acte se répétait quotidiennement jusqu’à devenir un réflexe qu’il fallait accomplir sans penser.
Un jour, j’arrivai à l’université vers dix heures du matin. Je descendis de la voiture. Le temps était si beau aujourd’hui. Les rayons du soleil s’infiltraient dans ma peau pour me réchauffer. Les oiseaux se dressaient sur la barrière du campus comme pour m’accueillir. Je montais l’escalier pas à pas. Je sentis que les escaliers étaient infinis. Je regardais à gauche, à droite. Personne. Les classes allaient débutées après quelques minutes. Il faut que je presse le pas. Je me dirigeai vers la grande salle. Un sentiment d’excitation et d’angoisse me rongea. Les palpitations de mon cœur s’accéléraient. Je sentais que la feuille était finalement accrochée, que je m’attendais à être ébloui. Et si je serais désappointé ? Si toute mon endurance allait disparaitre en une seconde ?
Le panneau était au fond du couloir. Je ne pouvais distinguer que des feuilles blanches accrochées. Je poursuivis mon chemin, les mains frissonnantes. La voie était longue, infinie. Quand je m’approchai, je sentis que le panneau devenait de plus en plus loin. Que se passait-il ? Je sentis que le temps se figeait autour de moi, rien ne bougeait. Je voudrais que l’horloge de la classe devienne paralysée pour que je ne reste pas dehors. Finalement, les écritures sur les feuilles devinrent lisibles peu à peu. Laquelle serait la feuille que j’attendais ?

En haut, je vis une invitation à un concert organise au campus. A gauche et à droite, les horaires des étudiants que je regardais chaque jour en espérant que l’une d’elle serait ma feuille. Lorsque mon regard se fixa sur la feuille d’en bas, le grand désespoir m’envahit.
Il fallait attendre. Attendre quelques jours. Ma flamme d’espoir était immense. J’avais un but.
J’avais fait tant d’efforts pour parvenir là. Tous ces efforts pourraient être récompenses en une seconde. J’attendais cette seconde-là… J’ignorais si d’autres étudiants comme moi auraient aussi réalisé des efforts. Je ne savais ni leurs aptitudes, ni leurs nombres.
Je me préparai le Lundi pour me rendre à l’université. Je me suis levé vers neuf heures puisque mes cours ne débutaient que vers onze heures et demies. J’ai rase, pris mon déjeuner et me suis habille. Ensuite, je fouille a la recherche de mes cahiers et mes feuilles de cours. Les voilà enfin.
Brusquement mon téléphone sonna. C’était ma copine. Pourquoi m’appellerait-elle maintenant ? Aura-t-elle besoin de quelque chose ? Je décrochai dès la deuxième sonnerie.
– Bonjour ! Ça va ?
– Oui, oui. Je voudrais juste te dire que je passai dans le couloir du campus, et j’ai vu ton nom sur une feuille ou t’es classe premier sur toutes les autres facultés. Félicitations mon copain !
– Tu… Tu… Rigoles ?
– Mais, non ! Je te le jure. Je vais prendre une photo de la feuille et te l’envoyer sur WhatsApp.
– Merci beaucoup, j’attends.

Une joie immense emplissait mon cœur. Mes mains frissonnaient, j’attendais le message avec impatience. Apres toute cette attente, la voilà la feuille ? Apres ces efforts, est-ce vraiment ? Mille et mille pensées traversaient ma tête. Je n’avouerai rien avant que mes yeux admirent la feuille.

Mon téléphone fit un « Ping ».

Les mains tremblantes, je le saisis. Je clique sur le nouveau message puis sur la photo reçue. Mes yeux s’écarquillaient, un sourire immense se dessina sur mon visage. Je sentis qu’une joie indescriptible envahit mon cœur. Je ne pouvais pas croire. Mon nom était au sommet de la feuille mis en relief par un marqueur. Avant ce dernier, le numéro « 1 » se dressait. FINALEMENT LA FEUILLE ! FINALEMENT ! DIEU MERCI !
Je sentais que je volais. Je sentais que j’étais dans un autre monde. Je sentais que mon bonheur dépassait toutes les limites. Je sentais que c’était un rêve. Je sentais que c’était une hallucination.
Finalement, je rendrai mes parents fiers de moi. Leur fils a été classe premier parmi les campus de l’université. Ils seraient au comble du bonheur. Ce n’est pas uniquement le fait qu’ils n’allaient rien payer comme scolarité, mais la grande satisfaction qui allait remplir leur cœur. Tant de pensées tournaient dans ma tête. Je suis trop heureux, fier de moi-même et faisant la fierté de mes parents. Mes efforts ont été finalement récompensés.

Oui, cher Journal, ce qui maximisait mon bonheur ce soir est que je pourrai vraiment leur faire retourner une partie minime des dépenses énormes qu’ils ont réalisé sur mon éducation, mon habillement, mes loisirs…

Publié le: 14 avril 2015 | Commentaires: 0

Feutre Rouge, Feutre Bleu

-Ouvrez vos petits cahiers rouges, mes amis !

Elle portait sa robe rosâtre comme à l’accoutumée. Elle se dressait devant nous en attendant que chacun sorte son petit cahier de son cartable. Elle nous scrutait tous, d’un beau sourire illuminant son visage. Quand mon copain Samer avait posé son cahier rouge devant lui, elle eut une énergie qui la poussa à commencer sa leçon. Je connaissais par cœur que le cahier rouge était fait pour les exercices de dictées, de grammaire ou de phraséologie. Je la regardais en attendant qu’elle prononce un mot ou qu’elle nous dise quel exercice allons-nous faire.

Elle mit sa main dans sa poche et leva une craie. Elle nous tourna le dos et écrit au milieu du tableau : « Phraséologie »puis souligna au-dessous. Ce type d’exercice était mon préféré. Une joie secrète et profonde remplit mon cœur. Ensuite, elle descendit un peu et dessina une première étoile à gauche du tableau. Elle écrivit le mot « pittoresque ». Puis elle laissa un peu d’espace et écrivit une expression : « grande étendue verte ».

-J’attends que chacun de vous écrive une phrase en utilisant ce que j’avais écrit au tableau, puis qu’il dise sa phrase à haute voix.
Je regardais mes amis. Leurs yeux étaient fixes sur ses gestes, sur son sourire. Chacun pensait à une phrase, a une idée. A mon tour, je baissai ma tête vers le cahier. Pendant plusieurs secondes, je songeai à une belle phrase riche en vocabulaire. Je songeai… La voilà !

-Allez Karim, lis-nous ta phrase !
-J’ai regardé le grande étendue verte devant moi.
-C’est bon ! Mais on dit « la » grande étendue non pas « le » ! Corrige s’il te plait.
-Oui, Chadi ?
-La nature est magnifique et pittoresque.
-Bravo Chadi. On va rédiger ça au tableau !

Elle entendit à plusieurs reprises les phrases de mes copains. Ma main était levée depuis plusieurs minutes. Mais elle ne me choisissait pas. Elle demandait à chacun qui levait sa main de lire. J’avais encore de l’espoir, comme chaque jour. Elle lui corrigeait ses fautes sans me jeter le moindre coup d’œil. J’attendais. Elle scruta du regard tous mes camarades. Personne. Il ne lui resterait que moi !
-La grande étendue verte s’offrait à ma vue pareille a un tableau féerique.

Elle me regardait. Je lui souriais en attendait qu’elle dise quelque chose, qu’elle me corrige une faute. Quand je me tus, un doux sourire éclaira sa mine. Je connaissais le sens de ce sourire. Elle voudrait dire quelque chose mais elle ne pouvait pas. Plus tard, elle protesta :
-C’est Bien Riad, tout en souriant.

Elle tourna le dos, et écrivit devant le premier mot la phrase de Chadi. Puis elle rédigea tout de suite ma phrase devant la seconde expression. Je me sentis tellement fier.
Tous mes amis recopiaient les deux phrases silencieusement. Elle avait en elle une sorte de magie. On dirait une potion magique qu’elle jetait sur nous pour nous calmer, pour nous réjouir lors de sa période. Une fois achevée, elle circulait entre nous. Elle passait entre les deux premières rangées pour s’assurer que tout le monde recopie. Elle circulait de nouveau près de ma rangée. Je pouvais entendre ces pas qui s’approchaient de moi. Je savais vraiment ce qu’elle voudrait me dire.
-Qu’est-ce que t’as fait ta maman pour manger ?
Je riais mais je ne pouvais lui répondre qu’à voix basse. Chaque jeudi, elle me posait la même question. Sans doute, elle était venue à l’école sans avoir le temps de prendre son petit déjeuner ou qu’elle avait encore faim.
-Une tartine de thym.
-Ben, je vais croquer la moitié, me murmura-t-elle.
J’abandonnai mon stylo à bille et je me baissai vers mon cartable. J’ouvris la poche de devant où maman m’avait rangé le matin la tartine avec un chocolat. Je la lui tendis. A son tour, elle ouvrit l’emballage et divisa la tartine en deux. Elle me fit un clin d’œil en me tendant l’autre moitié. Je lui souriais.

La cloche sonna brusquement. Personne ne se leva. Elle nous regardait de nouveau pour se rendre compte que ses élevés ont terminé. On connaissait par cœur qu’aujourd’hui, on avait deux périodes successives de français. J’aimais bien cette journée. Mais j’ignorais la cause. Peut-être parce-que j’aimais bien le français, peut-être qu’elle m’attirait vers cette langue ou peut-être qu’elle était ma cousine.
Je me souviens très bien mon enfance. Elle était toujours à mes cotes. Elle m’offrait souvent des livres, des contes. Elle m’avait appris par cœur l’aventure délicieuse de Hansel et Gretel ou l’histoire des habits neufs de l’empereur ou encore celle du vilain petit canard. Elle aidait souvent ma maman à rédiger mon journal d’enfance. Ses traces demeuraient sur les pages de « ma première sortie », « mon premier mot »…

Quelques minutes plus tard, elle commençait à effacer le tableau puis se tourna vers nous.
-Nous allons essayer de décrire un paysage. J’attends que tout le monde participe. D’accord mes amis ?

Elle écrivit au milieu du tableau “ Coucher du soleil” puis elle rédigea le sujet. Ensuite pour mieux nous éclaircir les idées, elle essaya de nous dessiner le paysage pareil à un tableau de peinture qu’on devrait décrire. D’un tour de main, elle dessina avec la craie l’horizon puis le rivage. Ensuite, elle dressa un demi-cercle avec des rayons qui l’entourent. Elle imagina quelques flots au sein de la mer puis des coquillages sur le sable. Elle essaya de son mieux de bien apparaitre ses figures même si elle n’était pas douée pour ce genre d’art. Dès qu’elle termina son paysage, elle commença à annoter son schéma et nous demanda de donner un adjectif à chaque élément de ce tableau. Elle écoutait nos idées, nos phrases et nos fautes. A mon tour, j’essayais de lui donner des phrases riches pour qu’elle les note au tableau. D’un beau sourire, elle ne décourageait personne mais elle essayait de lui corriger son idée. Elle avait à elle une manière douce et tendre.
C’était le temps de rédiger le passage qu’elle appelait « commun ». Elle essayait avec tant d’efforts de réunir toutes nos idées en un paragraphe simple mais riche. Comme par magie, elle tenait à la main deux craies : l’une rose qui signifiait le rouge pour nous, ce dernier étant illisible sur le tableau à fond vert, l’autre blanc qui signifiait le bleu. Elle écrivait tantôt avec le rose tantôt avec le blanc. Pour elle, les expressions en rose étaient importantes et à étudier.
Tous mes camarades en sixième tenaient deux feutres à la main : un stylo bleu et un feutre rouge. Ils la poursuivaient mot à mot, pas à pas dans un silence parfait. On aimait tous ses périodes, on l’admirait.
Elle donnait de tout son cœur, elle était proche de nous. On dirait une amie ou même une grande sœur. Mais pour moi, elle était autre chose. Elle était ma cousine, mon coffre à secrets mais aussi ma seconde mère à laquelle je ne cesserai de demander le conseil.

Mon téléphone vibra brusquement en me retirant de mon filet de souvenirs qui traversait ma pensée. Je cliquai sur le bouton du milieu et touchai la barre des notifications. J’avais reçu un nouveau mail. Je cliquai de nouveau.

J’ai beaucoup aimé les deux histoires. N’arrête pas de m’écrire et de m’envoyer. Attention aux temps verbaux. Courage. Bisous.

C’était elle !
Un sourire se dessina sur mes lèvres. J’étais vraiment ravi. Ses quelques mots m’encourageaient vraiment. Mon style d’écriture était sans aucun doute influencé par le sien. Ses expressions qu’elle notait en rouge se révèlent jusqu’aujourd’hui dans mes textes. Elle avait laissé une trace partout dans ma vie surtout dans ma rédaction. On dirait que ses mots, son vocabulaire étaient gravés non seulement dans ma pensée mais dans mon esprit.

Je branchai mon téléphone au chargeur puis je repris mes leçons. Installé sur mon bureau de chambre, j’ouvris mon cahier. Un crayon rouge dans la main gauche, un autre bleu dans la main droite, je poursuivis la copie de mes cours universitaires.

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Publié le: 23 septembre 2014 | Commentaires: 3

Mon « chez moi » ? Un film.

Chez moi, c’est du cinéma. La vie, pour moi, est un film qui tourne. Chacun de nous possède son propre film dont il est le héros. Il connaît ses paroles, son rôle. Chacun de nous possède une histoire, qui peut être heureuse, dramatique, merveilleuse. Certains vivent la comédie, d’autres le drame et d’autres encore vivent l’action.
Mon histoire à moi est un film dont je ne connais pas la fin. J’essaie d’imaginer les scènes, de les créer. J’essaie de rédiger un scénario émouvant qui pourrait faire de mon enfance, de mon adolescence, quelque chose de mémorable qui laisserait une trace gravée chez les autres générations.
Mon monde à moi est sublime. Le printemps est la seule saison : la naissance de la grande étendue verte. Je vis au sein de la nature, où je contemple les arbres géants qui m’apprennent à résister, à avancer toujours. Ces branches qui portent à leurs extrémités des fruits de toutes les couleurs symbolisant le don sans attendre en retour. Je me réveille Au lever du soleil ardent qui est ma source de force et d’énergie.
La musique dans mon film est parfaite. Le chant des oiseaux me berce. Le clapotis des flots me donne la tranquillité d’âme. Ces vagues qui ne cessent de mourir sur la rive représentent pour moi l’endurance et l’assiduité.
Mon monde est un lieu unique. La paix et le silence doux règnent pour faire de mon « chez moi » un oasis au milieu de ce désert de violence, de terrorisme et de haine dans lequel nous vivons. L’amour est une force immense capable de tout changer, de faire évoluer la vie. C’est l’amour qui fait de nous des êtres parfaits, c’est l’amour qui détermine si nous sommes vivants ou morts, c’est l’amour qui fait avancer mon monde. Oui, les vrais amis existent encore.
La lune éclaire le ciel sombre de la nuit. Elle me semble pareille à une flamme d’optimisme qui me permet de rêver.
Et la fin de mon film ? Il ne me revient pas de l’écrire. Je ne peux que souhaiter que cette bouffée d’amour d’innocence qui anime mon âme agisse sur la misère, la pauvreté et la faim de ce monde. Chez moi deviendrait-il un jour un « chez nous » où chacun trouverait le véritable amour ?
cinema

Publié le: 21 septembre 2014 | Commentaires: 2

Oui, ce genre de jeune homme existe encore

IMG_20140719_225300Je suis un jeune homme libanais. J’appartiens à une famille modeste de deux parents merveilleux et une jeune sœur.
J’aime chanter, et écouter la musique de tout genre. L’écriture est mon évasion. Je rédige des poèmes et quelques nouvelles. J’ai déjà écrit un recueil contenant des poèmes d’amour. Le savoir occupe aussi une partie de mes intérêts. J’aime connaître des vérités scientifiques, des découvertes.
Je m’intéresse aux plus petits détails de la vie. La vie me semble comme des images uniques qu’il faut capturer et les graver dans la mémoire. Je pense que la vie est trop courte pour être triste. Il faut chercher toujours le bonheur et l’optimisme.
Depuis mes premières années à l’école, j’ai été parmi les premiers en classe. Je tente à chercher le succès. Je pense qu’il faut toujours essayer de viser le mieux. On dirait le « perfectionnisme ».

Publié le: 19 septembre 2014 | Commentaires: 2